Ces 5 réflexes psychologiques qui vous font perdre de l'argent

Nouveau sur ce blog ? Vous aimeriez sans doute lire mon livre "Le guide de démarrage de la liberté financière" qui vous explique comment avoir des finances plus saines et augmenter vos revenus grâce à l'immobilier, la bourse et une entreprise à temps partiel sur Internet. 

Dans la gestion de notre argent, de nombreuses causes sont responsables de nos mauvais choix financiers. Parmi celles-ci on retrouve les mauvais conseils, le manque d’expérience et … notre cerveau.

C’est cette dernière cause qui est la plus surprenante. Notre cerveau est prédisposé à faire certaines erreurs de jugement et à prendre des décisions financières irrationnelles.

Ces erreurs de jugement sont ce qu’on appelle des biais cognitifs. Un biais cognitif, expliqué simplement, c’est la tendance qu’à notre cerveau à prendre des décisions irrationnelles et subjectives. C'est là tout l’objet de la finance comportementale, la finance qui inclut une part de psychologie et sociologie, qui est d’identifier ces biais et les corriger.

Selon la psychologie cognitive, notre mode de réflexion est composé de deux systèmes :

- Un système émotionnel, rapide et intuitif, qui fonctionne en automatique sans que nous nous en rendions compte.

- Un système réfléchi, plus lent et calculateur, qui utilise notre logique et notre mémoire. C’est lui qui nous permet de faire des calculs mentaux par exemple.

Dans son livre Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée, Daniel Khaneman explique que c’est justement ce système émotionnel qui régit la plupart de nos décisions. De là viennent ces biais cognitifs.

Laissez-moi vous donner quelques-uns des nombreux biais cognitifs qui nous font perdre de l’argent.

Vous verrez, cela risque de vous surprendre ou va rappeler des situations que vous avez déjà vécues ;-)

1) Le comportement suiveur

Si vous êtes devant deux restaurants, l’un vide et l’autre fréquenté par de nombreux clients, lequel choisissez-vous ? Logiquement, vous irez dans le deuxième car vous voyez des gens à l'intérieur. C’est ce qu’on appelle la preuve sociale. Notre esprit conclut que si tout le monde fait quelque chose, alors c’est forcément la bonne chose à faire. Nous avons alors tendance à aimer ce qui est populaire, à suivre les mouvements de foule, etc.

Malheureusement, cela peut nous amener à prendre de mauvaises décisions financières, comme à la bourse ou dans l’immobilier. Aux Etats-Unis, avant la crise financière de 2008, le marché immobilier était en plein essor. Tout le monde achetait des maisons. Les taux d’intérêt étaient bas, les banques prêtaient de l’argent à n’importe qui et donc tout le monde investissait dans l’immobilier. Et parce que l’immobilier était populaire, tout le monde voulait investir. Résultat : l’immobilier a connu une bulle spéculative qui a éclaté en 2008. 

réflexes psychologiques perdre argent

C’est pareil en bourse. Un individu lambda aura tendance à acheter quand tout le monde achète (donc quand les prix sont haut) et vendre quand tout le monde vend (quand les prix sont bas), ce qui occasionne une perte.

2) Le principe de contraste

Dans son livre Influence et manipulation, Robert Cialdini nous parle en détail du principe du contraste appliqué à la vente. 

Supposions que vous allez dans un boutique de vêtements pour acheter un costume et un pull-over. Le vendeur se dirige vers vous et vous demande ce que vous cherchez. Vous lui dites ce dont vous avez besoin. Selon vous, que va-t'il vous vendre en premier ? Le pull-over ou le costume ?

Les magasins disent à leur personnel de vendre d'abord l'article le plus cher. Pourtant, on pourrait croire l'inverse : est-ce qu'un homme qui a dépensé beaucoup d'argent pour un costume ne se montrera pas plus réticent à dépenser encore de l'argent pour un pull-over ? Et non ! 

Les bons vendeurs sont très malins. Ils n'agissent pas au hasard. Ils appliquent le principe de contraste. D'abord, ils essaieront de vous vendre le costume, car au moment de regarder les pull-overs, même les plus chers, leur prix paraîtra raisonnable en comparaison. 

Un homme peut reculer à l'idée de dépenser 100€ pour un pull-over mais s'il vient d'acheter un costume à 500€, ces 100€ ne lui paraîtront pas excessifs. 

Les vendeurs de voitures utilisent aussi très bien le principe du contraste puisqu'ils attendent que le prix de la voiture ait été négocié pour proposer une option après l'autre. Les quelques dizaines d'euros demandés pour un gadget comme une autoradio vous paraissent presque dérisoires par rapport au prix d'achat de la voiture. 

Vous venez de comprendre le principe du contraste. Qu'est-ce qu'on en retient ? 

Selon le contexte, notre perception des chiffres est très changeante. Si je vous montre un ordinateur à 1500€ et qu’ensuite je vous montre des ordinateurs à 750€. Les ordinateurs vendus à 750€ vous paraîtront peu cher. La seule présence de l’ordinateur à 1500€ fait passer le prix des autres ordinateurs comme étant raisonnables.

Un dernier exemple. 

Imaginez que vous êtes dans un magasin et que vous voulez acheter une TV à 500€. Si vous apprenez que la même TV est vendue au prix de 400€ au magasin d’à côté. Naturellement, vous vous déplacerez pour payer moins cher. Imaginez maintenant que la TV coûte 5000€ et qu’elle est proposée au prix de 4900€ dans un autre magasin, iriez-vous quand même ?

L’économie d’argent est la même dans les deux cas mais nous avons tendance à raisonner en termes relatif. Dans le premier cas, nous économisons 20% par rapport au prix d’achat. Dans le second cas, nous économisons seulement 2% du prix d’achat.

Passons au principe suivant ! 

3) L’aversion au risque

La plupart des gens n’aiment pas le risque.

Imaginez que je vous donne 100€ MAIS je vous propose de gagner le double si vous acceptez de jouer à un jeu avec moi.

Vous avez alors deux choix :

  • Soit, vous partez avec vos 100€ sans jouer au jeu.
  • Soit, vous jouez à pile ou face contre moi avec la possibilité de gagner le double. Pile : je reprends mes 100€. Face : vous gagnez 200€.

Que feriez-vous ?

La plupart des gens choisissent les 100€ car c’est un gain certain. Ces 2 options sont mathématiquement équivalentes (vous avez 50% de chance de gagner 200€, ce qui donne 100€), mais notre aversion au risque fait que nous choisissons la première option.

Votre aversion au risque est également influencée par le contexte. Par exemple, si vous aviez déjà 1000€ en poche, vous seriez plus enclin à jouer au jeu avec moi que si vous aviez 0€ en poche !

Malheureusement, notre mauvais goût pour le risque ne nous est pas toujours bénéfique car il nous incite à éviter le risque.  

En finance, la règle de base, c’est que plus quelque chose est risqué, plus il est rémunérateur. Le livret d’épargne rapporte peu parce qu’il n’est pas risqué au contraire d’une action qui peut vous rapporter gros (mais qui est plus risquée). Pour faire fructifier son capital, il faut donc accepter de prendre un risque, ce qui est plus facile pour ceux qui ont déjà un capital important.

Tout le problème réside dans le fait qu’il faut savoir gérer (ou contrôler) ce risque. C’est là tout l’art d’investir !

4) L’illusion du joueur

L’illusion du joueur, c’est la tendance que nous avons à surestimer la probabilité d’occurrence d’un événement sur base de ce qui s’est passé avant.

L’exemple classique de ce biais cognitif est lorsque l’on joue à la roulette au casino. Nous avons tendance à croire que l’on a plus de chance d’obtenir le noir après avoir obtenu 5 fois le rouge lors des tours précédents. Pourtant, la probabilité (48%) que la bille tombe sur le rouge ou le noir est la même, indépendamment de ce qui s’est produit dans le passé. 

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Ce principe s'applique aussi en bourse. Les performances passées ne vous garantissent pas les mêmes résultats dans le futur. Ce n’est pas parce que le fonds dans lequel vous avez investi a surperformé 5 années de suite, qu’il aura nécessairement une performance positive l’année suivante. Pourtant, lors de la promotion de ces fonds, les banques et les courtiers n’hésitent pas à mettre en avant les performances passées de leur produit.

5) Le biais de négativité

Le biais de négativité, c’est notre tendance à réagir plus fortement aux mauvaises nouvelles qu’aux bonnes nouvelles. Par exemple, si vous détenez une action en bourse, il est possible que vous réagissiez plus fortement aux mauvaises nouvelles financières qu’aux bonnes, ce qui pourrait vous pousser à vendre à perte.

En conclusion

Je vous ai donné quelques-uns des biais cognitifs qui sont la cause de beaucoup d’erreurs financières, même chez les personnes les plus intelligentes ! Le fait de les connaître ne garantit pas nécessairement que vous saurez les éviter à l’avenir. La conclusion principale que vous devez retenir est qu’il ne faut pas prendre des décisions financières sous le coup de la pression. Prenez votre temps et utilisez la partie rationnelle de votre cerveau ! 

Si vous souhaitez connaître d’autres biais cognitifs, je vous recommande de lire cet article. 

Mon meilleur contenu ne se trouve pas sur ce blog

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